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Firmin Caubert et June Wade
Le Plumfoot, l’Asie au bout des pieds
3 juin 2017

Tu as toujours rêvé de faire une brésilienne mais tu es aussi doué(e) avec un ballon qu’en samba ? Tu rêves de te venger de la piquette que tu as prise au badminton en sixième ? Le Plumfoot est fait pour toi !

Ce sport originaire d’Asie connait un fort développement en France et en Europe, tant dans ses versions classique que freestyle. Vous avez peut-être déjà croisé, à Hanoï, Hong Kong, Phnom-Penh, Újszász, Hagen ou Paris, des énergumènes dans la rue, sur les places ou dans les parcs, jouer en cercle à se faire des passes avec un volant de plumes colorées.

Un peu d’histoire

Le Plumfoot tirerait ses origines du Cuju, un sport chinois pratiqué à partir du 5e siècle avant Jésus-Christ. Ce sport de balle est l’un des tout premiers du genre et est considéré comme étant à l’origine de nombreux dérivatifs, le Plumfoot donc, mais également un héritier un peu plus connu, le football. C’est d’ailleurs à l’occasion d’une visite en Chine en 2004 que l’ex président de la FIFA Sepp Blatter a évoqué le Cuju comme étant l’une des « sources originelles du football contemporain ».

Tirant son inspiration de ce sport ancestral, le Plumfoot (ou 毽 soit Jianzi en traduction littérale) va rapidement se développer. Il est utilisé à la base par les armées chinoises comme un moyen de développer les aptitudes physiques des soldats, leur souplesse et leur coordination ainsi que leur concentration. C’est ensuite au cours des dynasties Han et Song (207-906 ap. JC) que les matchs gagnent en popularité, quittant les terrains militaires pour entrer dans la vie quotidienne des gens du peuple. Le Jianzi est joué pour la première fois en compétition en 1933 et prend le statut de sport national officiel de la Chine en 1984.

Peinture de Shen Qinglan (18-19e siècle), enfants jouant au Jianzi

Au Vietnam, autre grande patrie, si ce n’est la plus grande du Plumfoot, le Jianzi s’appelle Đá cầu, et les plus anciennes traces remontent au 10e siècle. Malgré sa popularité, le Đá cầu tombe néanmoins en désuétude au cours des années 50, 60 et 70. C’est un pédiatre d’Hanoï, le Dr. Nguyen Khac Vien qui décide en 1975 de revaloriser ce sport. Considérant ce jeu comme indispensable au développement des individus et en particulier des enfants, il restructure en profondeur sa pratique en constituant des équipes et en développant le marché de fabrication de volants. Pratiqué dans tout le pays, le Đá cầu est aujourd’hui le sport national du Vietnam et si vous passez par Hanoï, ne manquez pas d’aller voir quelques uns des meilleurs joueurs du monde s’entraîner dans les parcs, en se faisant, en toute détente, des passes à l’aveugle, et dans le dos s’il vous plait !

Mais alors, comment ce sport profondément asiatique est-il arrivé jusqu’en Europe ? La réponse est : par la grande porte. En effet, la première apparition européenne du Đá cầu s’est faite aux Jeux Olympiques d’été de Berlin en 1936, restés célèbres pour des raisons moins sympathiques… À cette occasion, le Jianzi est présenté en démonstration par des athlètes chinois de la province de Jiangsu (la province côtière au nord de Shanghaï) et marque alors les esprits.

Il faudra cependant attendre les années 80 pour que le Plumfoot arrive véritablement en Europe. D’abord en Allemagne grâce à Peter Von Rüden qui à la suite d’un voyage au Vietnam décide de fonder le club du FFC Hagen, c’est par des démonstrations un peu partout en Europe qu’il parvient à promouvoir ce sport, s’ensuivent alors les créations de clubs en Hongrie, Slovaquie, Grèce, Fin-lande, Serbie, Pologne, France et Italie. Aujourd’hui, le Đá cầu est structuré à l’échelle mondiale par l’International Shuttlecock Federation depuis 1999, l’Europe n’étant pas en reste avec l’organisation de nombreuses compétitions continentales sous diverses formes (championnats ou Open, nationaux et internationaux), mais il est indéniable que la balance penche encore fortement du coté de l’Asie, notamment du Vietnam et de la Chine.

Les règles

En version freestyle, le Plumfoot n’a pas de règles, la seule limite, c’est votre imagination ! Pouvant être pratiqué en (quasi) tous lieux (à éviter dans votre salon ou un magasin de porcelaine), le côté spectaculaire et ludique de ce sport saura convaincre les amateurs d’ailes de pigeons et autres tours du monde.

En version compétition, les matchs se déroulent sur un terrain de badminton avec un filet à 1m60, les joueurs s’affrontent en 1 vs 1, 2 vs 2 ou 3 vs 3 avec à chaque fois la même règle : 4 touches de balle maximum par équipe (2 en 1 vs 1) et pas plus de 2 touches consécutives par joueur. Cela donne un cocktail détonnant à base de smashs, de sprints, de chandelles désespérées et de sauvetages in extremis.

Pour ceux qui souhaiteraient découvrir le sport, les phases finales du championnat de France de Plumfoot, réunissant les meilleurs joueurs de l’hexagone, auront lieu les 24 et 25 juin prochains : au Gymnase Poliveau (5ème arrondissement de Paris) le 24, et au Gymnase Jacqueline Auriol (8ème) le 25.

Et pour les plus motivés, l’équipe de France aura besoin de tous ses supporters lors des cham-pionnats du monde de Plumfoot qui auront lieu à Hong Kong du 21 au 28 juillet !

Et pour en savoir plus ou venir taper la plume, c’est par ici.

Tu as toujours rêvé de faire une brésilienne mais tu es aussi doué(e) avec un ballon qu’en samba ? Tu rêves de te venger de la piquette que tu as prise au badminton en sixième ? Le Plumfoot est fait pour toi ! Ce sport originaire d’Asie connait un fort développement en France et en…

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