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Marie Gall
La Pietà en concert aux Etoiles à Paris – Live Report
5 décembre 2017

La Pietà est un projet pluridisciplinaire : musical, littéraire, visuel… de multiples horizons. L’univers est dérangeant car authentique et sans filtre. La Pietà distille ses « chapitres » (des mini EP de 3 titres) au fur et à mesure depuis 2015. Le groupe était de passage à Paris aux Etoiles le 16 novembre dernier, en première partie de The Noface. On y était et vous fait partager notre expérience.

Derrière des masques de chat, noir pour les deux musiciens, blanc pour la chanteuse, la Pietà entre en scène. Une ambiance mystérieuse et mystique se dégage déjà grâce à leur croix décalée illuminant le centre de la scène. On peut lire sur les bras et le masque de la chanteuse « achète moi », « je n’ai pas peur de toi », « le cœur tout vide ». Le décor est planté.

Rapidement, on se prend une vraie claque dans la tête. Le flow est puissant, rythmé, la diction parfaite. On secoue la tête, puis les pieds puis tout pour le reste du corps. Souvent, la Pietà crie, d’un cri juste, mélodieux, intense et communicatif mais toujours compréhensible.

L’expression « électro-rock » prend tout sons sens sur « J’aime pas les gens ». En fermant les yeux on se rappelle un peu Yelle, Saez et même Fauve.
Le titre « La moyenne » transforme le chat blanc et lion énervé, rugissant « je suis la moyenne à peine, à peine ». A la fin du titre, on peut entendre plusieurs personnes relâcher leur souffle, soulevant les sourcils ayant été tenus en haleine par tant d’intensité.

On danse ensuite, de bon cœur, sur « Hell-Elujah ». Puis vient le titre « A la Folie ». La Pieta interagit avec le public, elle le prend à partie, elle scande « un soir » et il répond « à la folie », comme une incantation, répétée en boucle, a capella. La chanteuse descend de la scène, se mêle au public, fait des aller-retour, s’approche, s’éloigne, se balance presque autistiquement d’avant en arrière, à genoux, au centre de la salle. Le micro finira plusieurs fois jeté au sol. La Pietà dégage et donne énormément d’énergie, elle entre en transe musicale et y invite le public.

C’est une réelle performance artistique à laquelle on a assisté et non juste un concert, jusqu’au point d’être parfois mal à l’aise. Mais n’est-ce pas le but de l’art ? Témoigner, faire réfléchir, déranger ?

Lorsque la prestation prend fin, on est content d’y avoir participé, d’avoir été là et, en même temps, on est soulagé que ça se termine. Pas pour de mauvaises raisons, mais bien parce qu’il faut un temps de récupération pour intégrer toutes ces émotions transmises, brutes, cyniques, aiguisées. Un concert de la Pietà, on n’en ressort pas indemne. « La Pietà n’est pas là pour plaire, mais toujours pour déranger ». C’est réussi et en plus, ça nous a plu.

La Pietà est un projet pluridisciplinaire : musical, littéraire, visuel… de multiples horizons. L’univers est dérangeant car authentique et sans filtre. La Pietà distille ses « chapitres » (des mini EP de 3 titres) au fur et à mesure depuis 2015. Le groupe était de passage à Paris aux Etoiles le 16 novembre dernier, en première…

musique
http://www.yap-magazine.com/category/musique/article/pieta-concert-aux-etoiles-a-paris-live-report