2920
Anne-France Laugel
La Dame au Linceul : montagnes bleues et château hanté
13 juin 2016

la-dame-au-linceul-yap-magazine

La Dame au Linceul, première mise en scène du comédien Antoine Terrones, sera présentée le 23 juin prochain dans le cadre du festival Le printemps des Arts. Nous avons assisté à une des dernières répétitions : quête initiatique, château hanté et belle en détresse, le frisson est garanti… Rencontre avec le metteur en scène.

Yap : Peux-tu nous présenter la pièce que tu joueras bientôt au Printemps des arts, La Dame au Linceul ?
Antoine Terrones : C’est l’adaptation d’un roman de Bram Stoker paru 1909, The Lady of the Shroud : un aventurier anglais, Rupert St-Leger, hérite d’un château dans les Balkans et d’une fortune colossale. Les clauses de l’héritage exigent qu’il passe un an dans ce château, et il décide d’y aller. Quelques semaines après, au cours d’une nuit d’orage, une jeune femme vêtue d’un linceul vient toquer à sa porte et il lui ouvre… L’atmosphère est surnaturelle, fantastique et on a essayé de la rendre par le son, les lumières, la mise en scène. Il fallait impérativement rendre cette rencontre étrange.

Pourquoi cette pièce ?
A.T. : J’avais lu ce roman quand j’avais vingt ans et l’avais adoré. J’avais tout de suite pensé à un scénario de cinéma, un peu à la manière du Dracula de Coppola. L’atmosphère m’avait plu. Même si ça n’est pas tout à fait un roman gothique, il en reprend la plupart des caractéristiques : un château, une crypte, une belle en détresse, une contrée exotique et lointaine… C’est un mélange d’aventure, de surnaturel et de romance. Le spectateur découvre peu à peu les personnages, le pays, et cette étrange jeune femme…

Tu as adapté toi-même le roman pour la scène, comment t’y es-tu pris ?
A.T. : L’adaptation n’a pas été simple… Le roman a la même structure narrative que Dracula, il est composé de lettres, de billets et en grande majorité du journal personnel de Rupert St-Leger. Il est donc écrit à la première personne, alors la principale difficulté a été de transformer tout ça en dialogues avec d’autres protagonistes. J’ai donc resserré l’intrigue autour de cinq personnages en tentant de rester cohérent avec le texte original. Je voulais surtout rendre le texte vivant car il est très descriptif. J’avais écrit une première version, très fidèle à l’œuvre de Stoker, qui se lisait très bien mais était scéniquement un peu plate. J’ai alors décidé de me libérer du texte, en contorsionnant un peu le récit. C’est donc une adaptation très libre, mais je pense fidèle à Stoker. L’autre difficulté venait du fait que je joue Rupert St-Leger et que je signe également la mise en scène. Il me fallait alors impérativement un œil extérieur car je suis sur le plateau quasiment toute la pièce. J’ai la chance que mon ami Hugo Le Guen collabore avec moi et s’occupe de la direction d’acteurs.

C’est ta première mise en scène et, au vu de la répétition, on a l’impression que tu es à l’écoute des propositions de tes partenaires.
A. T. : On se connaît tous, on s’est tous rencontrés dans la même école, l’Atelier Juliette Moltes. C’est un projet entre amis et le casting s’est vite révélé évident. Il faut travailler avec les gens qu’on apprécie et Il faut que les comédiens se sentent bien sur scène. Et pour qu’ils se sentent bien, il faut qu’ils comprennent ce qu’ils font : si tu es trop directif en face, ça peut freiner le jeu. S’il y a des choses qui bloquent, notamment sur le texte, on retouche. On essaie avec ce qui est écrit et selon ce qui marche ou pas, on adapte. Après, c’est aussi mon bébé et il y a des choses auxquelles je tiens, auxquelles j’ai réfléchi et que je ne veux pas changer. Une chose toute bête, il y a une réplique qui mentionne une spécialité locale, un plat du Monténégro, ce qui n’est pas forcément utile. Or, dans tous les romans de Bram Stoker, il y a souvent des mentions gastronomiques et je trouvais que c’était un petit clin d’œil à l’auteur.

Le mot de la fin sur notre thème du mois, « corps et âme » ?
A.T. : Le personnage au centre de l’intrigue est cette dame au linceul, une étrange apparition… Un fantôme ? Une âme damnée ? Ça me semble assez pertinent par rapport au thème !

la-dame-au-linceul-yap-magazine

La Dame au Linceul, d’après Bram Stoker, adapté et mis en scène par Antoine Terrones, sera joué le 23 juin prochain à l’Auguste Théâtre dans le cadre de la 3ème édition du festival Le Printemps des ArtsPage Facebook.

Avec : Matthieu Brion, Sylvie Desbois, Antoine Terrones, Alex Vicaire et Zaïa

La Dame au Linceul, première mise en scène du comédien Antoine Terrones, sera présentée le 23 juin prochain dans le cadre du festival Le printemps des Arts. Nous avons assisté à une des dernières répétitions : quête initiatique, château hanté et belle en détresse, le frisson est garanti… Rencontre avec le metteur en scène. Yap…

litterature
http://www.yap-magazine.com/category/litterature/article/dame-au-linceul