2746
Hugues Barataud et Vianney Griffaton
Entretien avec les Cahiers du cinéma #4
3 juin 2016

8-category

Entretien 4/4 – Une revue de jeune gens

 

Yap – Dans un de tes textes Stéphane, tu disais qu’on maintenait certains réalisateurs en minorité. A l’inverse, vous avez l’ambition d’intégrer des gens qui ont la vingtaine. Comment faites-vous pour faire cohabiter les générations ?

Stéphane Delorme – C’est dans les gènes des Cahiers, qui ont toujours été une revue de jeunes gens. Il faut renouveler les générations, on en a besoin. De plus jeunes rédacteurs apparaissent, ils ont autour de 25 ans. On reçoit beaucoup de demandes, de plus en plus de gens écrivent sur Internet. Ça n’est pas simple. Parfois ça prend la forme de demandes de stages. Aux Cahiers, il y a en gros deux générations, une de gens de quarante ans comme nous, avec Joachim, et une autre plus jeune entre 25 et 30 ans avec Laura, Florence, Louis, Gaspard, Hugues,… (Laura Tuillier, Florence Maillard, Louis Séguin, Gaspard Nectoux, Hugues Perrot, rédacteurs aux Cahiers NDLR).

 

Parce que dans la presse aujourd’hui on a le sentiment qu’on impose aux jeunes un parcours obligé. D’abord on te confie les petits trucs et ensuite, si t’as de la chance, dans un avenir indéterminé, tu auras le droit d’écrire de vrais articles… Aux Cahiers on sent que vous leurs dites : « Tu sais faire ça apparemment, et bien fais-le ! ». Comment quelqu’un comme Laura Tuillier en est arrivée par exemple à écrire des textes plus longs ?

SD – Je fonctionne énormément à la confiance. A ce moment-là, je peux confier beaucoup. A Cannes, on discute du Moretti, j’aime bien ce qu’en dit Laura, donc plusieurs mois après, je lui confie le texte sur Mia Madre, notre film préféré de l’année. En fait, c’est dans les discussions qu’on sent que quelqu’un a vraiment envie, besoin d’écrire sur un film, quand quelqu’un a des mots particuliers pour en parler… Et ça c’est le travail d’un rédacteur en chef, je dois entendre qu’untel parle mieux d’un film qu’un autre, comprendre que dans l’écriture il ou elle va s’épanouir sur tel film.

 

Comment voyez-vous les films, et comment décidez-vous d’aller en voir certains et pas d’autres ?

SD – A Cannes, on y va en groupe : on voit beaucoup de films, on se voit tout le temps, on échange énormément. On se répartit les autres festivals. La première année je suis allé partout, Berlin, Venise, Locarno…Mais je vais de moins en moins dans les festivals. Par exemple Joachim, tu vois plus de films que moi.

Joachim Lepastier – Mais ça s’émousse vite. À la première projection de presse, t’es hyper enthousiaste de voir les films en avance, mais après… Le gros avantage c’est que tu vois des films dont tu ne sais rien du tout. À part les part les gros trucs très attendus. Et puis il y a les premières discussions à la sortie de la salle…

 

Vous y allez par groupe de trois, quatre ?

SD – Oui. Les films repassent plusieurs fois. On préfère ne pas parler aux attachés de presse à la sortie, on discute entre nous d’abord, et on discute peu avec les autres revues. Je suis peut-être très « vingtième siècle » là-dessus, j’aime bien le secret et que l’avis des Cahiers soit une surprise quand il arrive au lecteur. Je demande aux rédacteurs de ne pas donner leur avis sur les réseaux sociaux. Je ne comprends pas trop les rédactions qui fonctionnent avec des journalistes qui ont pignon sur réseaux sociaux et qui balancent tout de suite leur avis. Je ne pourrais pas du tout fonctionner comme ça. On est une équipe, un mensuel. On est très lent, une tortue, et on ne doit pas divulguer les jugements critiques. L’abonné reçoit le numéro dans sa boîte aux lettres et là, c’est la surprise.

 

A voir énormément de films, vous n’avez pas le risque de vous émousser ? Comment on fait pour pas se laisser bouffer, pour conserver l’enthousiasme ? En relançant toujours des pistes ?

SD – On doit rester inventifs. On invente notre propre parcours en un sens. Mais c’est vrai qu’il y a une déception par rapports aux films qu’on voit. Je trouve que c’est difficile de faire une revue comme les Cahiers du cinéma vu l’état du cinéma aujourd’hui, vu l’état de ce qu’on nous montre. La solution est toujours de problématiser les films. Comme avec le film de Jeff Nichols de ce mois-ci (à lire ici notre texte sur le film). On a aimé ses précédents films, tous les cinéphiles l’attendent. On aurait pu arriver avec une couverture Jeff Nichols, un grand entretien avec lui. Et bien non, MidnightSpecial est pas mal mais il y a plein de problèmes tout de même et notre rôle c’est de le dire, et de trouver une manière de le dire, ce qu’a su faire Florent Guézengar dans son article. Cela n’empêche pas de faire un entretien avec lui. Il faut problématiser. La critique d’aujourd’hui est trop souvent de la promotion unilatérale. Or on est dans une époque où beaucoup de gens veulent parler des films, la période est bonne pour problématiser les films. Les gens veulent en discuter. Je pense qu’une trop grande partie de la presse a peur du débat, des problèmes. Alors que nous on s’engouffre dans les problèmes (rires) !

 

Vous suscitez toujours l’intérêt de vos lecteurs pour les nouveaux films en choisissant de vous concentrer sur quelques films chaque mois, d’en reléguer aux encarts, voire de ne pas parler de certains.

JL – L’approche critique un peu bateau c’est de dire qu’il y en a pour tous les goûts. Chaque film va trouver son public.

SD – C’est : « chacun son genre » !

JL – A l’arrivée, tout est défendu. Notre approche est inverse. Un seul film peut permettre de parler de plusieurs autres. Le cas des Safdie est éloquent. Avec un seul film déployé et une seule interview, on parle de Renoir, de Larry Clark. Ca déroule toute une pelote de cinémas assez différents qu’on aime et qu’on défend, et que l’entretien permet de faire converger. C’est mieux de déployer une problématique sur un seul film que d’atomiser la revue… Ça, c’est la galaxie du marché qui dit : « voilà, il y a quinze films, cette semaine, il y en a pour tous les goûts ! ».

 

Percevez-vous les effets provoqués par vos textes sur de jeunes cinéastes ? Vous font-ils des retours sur ce que vous écrivez ? De la part d’étudiants, de cinéastes, ou de cinéphiles ?

SD – Si les étudiants viennent nous voir, c’est qu’ils trouvent quelque chose dans les Cahiers, que ça leur a été utile. Côté cinéastes je ne sais pas, mais là encore j’espère qu’on est utile. L’intelligence de Claire Denis nous a permis de faire un dialogue avec elle autour d’un de ses films que nous n’avions pas tellement aimé (Les Salauds NDLR). Mais c’est rare.

JL – Denis Côté m’a parlé d’un texte de Jean-Sébastien [Chauvin NDLR] écrit à Cannes et qui parlait des auteurs tout puissants et de l’hanekisation du cinéma de festival [le texte dont il est question, Postures d’Autorité, est paru dans le numéro de juin 2010 des Cahiers NDLR] thème qu’on a déplié par la suite.

SD – A Cannes, l’année dernière, Corneliu Porumboiu nous a parlé du numéro sur la lumière qui l’a inspiré pour son film Le Trésor. Si vous voyez le dernier plan, c’est incroyable, c’est la couverture du numéro ! Ça c’est magnifique !

JL – C’est le plan d’Hong Sang-soo qui filme le soleil de face et qu’on perçoit comme un trou dans l’écran, dans Sunhi.

 

Des personnalités hors-rédaction interviennent beaucoup chez vous. Je pense à des gens comme Bernard Aspe sur The Tree of Life, Barney Hoskyns lors de la sortie d’Inherent Vice, Mathieu Riboulet, Olivier Lamm sur Under The Skin. Est-ce que c’est important pour vous de faire intervenir des gens venant d’autres disciplines, de dialoguer avec d’autres domaines de l’art ?

SD – Vous connaissez Barney Hoskyns ? Ça fait plaisir ! Parce que je n’ai eu aucun retour là-dessus ! C’était un sacré truc quand même ! J’adore son livre sur Los Angeles ! Il n’est pas connu du monde du cinéma, il est presque passé inaperçu. Ça n’est pas évident de croiser les champs critiques. Mais j’aime bien effectivement.

 

Dans le même ordre d’idées, Stéphane, dans ton texte sur Mia Madre, tu parles du cinéma intimiste, mais tu fais beaucoup plus référence à la littérature qu’au cinéma, en lynchant certains auteurs qui bénéficient des faveurs de la critique littéraire. Et je me demande, est-ce que parfois vous avez envie d’aller voir un peu ailleurs, de faire le boulot qui n’est pas fait par la critique littéraire ? On sent chez vous le besoin d’aller chercher dans d’autres domaines pour régénérer la pensée sur le cinéma.

SD – Je ne vois pas le cinéma en dehors de l’époque mais plutôt comme un morceau de l’époque. Il est traversé par beaucoup de pensées, d’idées… Les cinéastes peuvent très bien adapter des gestes qui viennent de la littérature, donc il faut aussi comprendre ce qui se fait en littérature. Je ne vois pas le cinéma en dehors de l’époque. Tous ceux qui peuvent nous aider à comprendre ce qui se passe maintenant sont bienvenus. Notre ambition dépasse le cinéma, on souhaite faire une revue sur ce qui se passe aujourd’hui, essayer de nommer ce qui se passe dans la tête des gens, les stéréotypes qui circulent. On essaie de déjouer les images, les paroles. J’aimerais parler plus de ça dans la revue. A plusieurs reprises on s’est lancé dans la critique des médias, de la télé, de la presse. Pour moi, là, c’est très personnel, les Cahiers doivent aider à vivre et pas seulement à regarder des films. On met tout là-dedans, on donne à nos lecteurs, et on espère que nos idées vont faire naître d’autres idées, des envies, des désirs de faire des films, des magazines, des sites, de faire n’importe quoi, et que tout cela circule. Si on fait une revue, c’est qu’on aime faire circuler des idées, ça dépasse le cinéma.

JL – Après la question c’est pourquoi on revient toujours au cinéma quand même. Mais ça revient aussi à nos vies… C’est toujours le paradoxe : est-ce que le cinéma, c’est une fuite du monde, est-ce que tu vas t’enfermer dans la salle, ou au contraire est-ce que c’est une ouverture ? C’est peut-être un peu bateau ce que je dis, mais on est toujours balayés par ce va-et-vient, et peut-être que la critique est une façon de répondre à ce tiraillement. Après, le statut du cinéma a changé. Dans les années 60, le cinéma, c’était un bien commun, un art démocratique, comme la télé : c’étaient des référents globaux traversant l’époque, toutes les couches de la société et dont tout le monde parlait. Maintenant c’est plutôt les séries qui jouent ce rôle fédérateur.

SD – Je ne sais pas si c’est comparable…

JL – Disons que c’est ce dont parlent les gens autour de la machine à café. Des gens de l’âge de mes parents qui ont vu le cinéma de la Nouvelle Vague à ses débuts me disent qu’ils allaient voir les films pour ouvrir les yeux sur leur époque. C’était aussi une Agora quelque part. Et ça, c’est quand même moins le cas aujourd’hui.

SD – Les séries racontent des histoires, je ne suis pas sûr qu’elles donnent une image du monde…

JL – Mais les séries c’est de la sociabilité.

 

Au-delà de la revue, est-ce que vous aviez l’ambition de créer un mouvement ?

SD – C’est marrant, vous dites « mouvement », vous souriez. Quand on parle de mouvement, les gens se marrent… c’est étonnant.

 

Ça ne nous fait pas du tout marrer, simplement le mot parait énorme. On trouve ça très bien au contraire. A Paris, la cinéphilie est morcelée, les cinémas sont si nombreux, les cinéphiles ne se connaissent pas. On n’a pas vraiment l’impression qu’il y ait un milieu cinéphile, et on se demandait ce qui pourrait faire ce lien, créer une sorte de mouvement cinéphile à l’échelle de la ville. C’est vrai que globalement, les gens se connaissent pas, donc je sais pas ce qu’on pourrait faire (rires).

SD – Et donc l’idée, c’était (rires) ?

 

On se demandait est-ce que vous avez déjà pensé à créer des points de rencontre entre la revue, les films, avec un lieu identifié… Mais pas seulement, on a l’impression que c’est comme les luttes, il y a des choses qui pètent un peu partout. Ca ne concerne pas seulement le cinéma. La question est : comment on crée des points de rencontre ?

SD – C’est un peu lié à la question d’avant. Quand on fait intervenir Christophe Kantcheff de Politis, quand on invite Olivier Lamm, de The Drone qui est très exigeant en musique, on relie à un autre endroit… Ou bien Pacôme Thiellement. Ce sont des raccords pas évidents, des grands écarts qui créent des points de ralliement. Après pour le reste, je ne sais pas… Nous, on fait une revue, c’est comme ça qu’on crée le lien, ensuite s’il peut y avoir plus, il faut y penser, je ne sais pas. Avant il y avait un ciné-club, ça s’est arrêté il y a deux-trois ans, ça ne créait rien de particulier…

JL – Mon fantasme personnel, c’est qu’en dessous des bureaux des Cahiers, il y ait un cinéma. Que les Cahiers aient leur salle, avec sa propre programmation pour montrer soit des films qui sortent, soit des inédits qu’on a vus en festivals. Je suis toujours effaré de voir que quand tu loupes un film dans un festival, le distributeur t’envoie un lien dans la seconde. Pour les critiques, il y a une facilité incroyable d’accès à des films qui ne sortiront pas… Des fois t’aurais envie de les montrer dans des cinémas. On fait souvent des textes sur des ovnis de festival et qui ne sortiront pas.

SD – Après, c’est du temps. On n’a personne chez nous pour prendre en charge ce genre de choses.

 

D’autres ont des ciné-clubs : Positif au Grand Action, Chro à L’Archipel, Critikat au Reflet… On est récemment allé voir Conte d’Hiver [d’Eric Rohmer, NDLR] au ciné-club de L’Arlequin, et on s’est rendu compte que ça attire des gens qui viennent déverser leur bile (rires) !

SD – Celui de Claude-Jean Philippe ? C’est difficile, chaque salle a son public. Louis Seguin a fait une programmation originale à l’Arlequin l’an passé, et va faire un ciné-club là-bas cet été.

 

Depuis peu, vous demandez aux lecteurs de vous envoyer des textes sur des films du top 10. Quel sens vous donnez à ce geste ? On a l’impression que c’est cohérent avec le fait de ne pas aller sur Twitter, ça permet d’instaurer un rapport différent, un rapport qui ne soit pas un rapport de confrontation/récrimination avec le lectorat, mais par contre, vous êtes capables de publier de longs textes de lecteurs.

SD – Oui exact, pour le numéro 700, on avait publié quinze pages de textes de lecteurs, et c’était super. Je pense qu’on devrait le faire plus souvent…

JL – Mais les lecteurs écrivent moins spontanément qu’auparavant. Avant, on avait une rubrique courrier des lecteurs, et la rubrique s’est arrêté parce qu’on ne recevait plus rien d’intéressant.

SD – C’était devenu un peu une rubrique de « commentaires » sur le cinéma, ce n’était pas vraiment des textes. On encourage davantage les textes, et je pense que ce serait bien d’en solliciter plus.

 

A chaque fois, vous en recevez quand il y a eu une sollicitation. Et encore une fois, ça permet de créer un rapport autre au lectorat, parce que les textes publiés pouvaient être très beaux, touchaient à l’intime des spectateurs, et à ce que ça pouvait déclencher chez eux. Et c’est nettement plus intéressant qu’un simple « commentaire », ou qu’une rubrique qui servirait de déversoir. Là au contraire, ça met le lecteur sur le temps de la revue. Et ça permet aussi de susciter un esprit de communauté, mais pas au sens de « réseau social ».

SD – Oui. Mais j’ai du mal avec les rubriques, je préfère que la revue soit très souple. Là, on a reçu un texte sur Tarantino par exemple, en réponse à Joachim et qui contre argumente, un texte intéressant. Après, de là à le publier, je ne sais pas… Mais oui j’aimerais publier plus de textes de l’extérieur.

 

Et l’idée d’imposer l’actualité, ça va aussi avec l’idée de ne pas se laisser « inféoder » par son lectorat ? Parce que l’idée du « il y en a pour tous les goûts », ça va aussi souvent avec l’idée que c’est le lectorat qui « imposerait » les sujets. Donc, ce que vous faites, ça permet de restaurer un dialogue qui soit un peu plus sain, qui ne soit pas un rapport de forces de l’un sur l’autre.

SD – C’est vrai… C’est une vraie question, la place du lecteur.

 

Vous en avez reçu combien pour le numéro 700 ? Ou pour les tops de fin d’année ?

SD – Beaucoup pour le top 10, entre 300 et 400, avec pas mal de commentaires sur la revue, c’était agréable. Avec Internet, c’est tellement facile. Avant, on recevait des cartes postales, c’était chouette ! On n’en reçoit plus une seule ! Cette année, pour la première fois, on n’a pas eu un seul courrier papier. En général on reçoit plusieurs courriers par semaine. Et aussi des demandes de stage qui s’accompagnent de textes. On reçoit des stagiaires tous les trois mois. On reçoit aussi des collégiens en stages d’observation.

JL – J’ai l’impression qu’on a plus de retours de jeunes lecteurs. Pas mal d’entre d’eux découvrent la revue, sont abonnés depuis deux, trois mois…

SD – La revue s’adresse beaucoup aux jeunes, je pense que ça se sent. J’ai reçu un super mail d’une lycéenne en Terminale… C’est émouvant quand ça arrive, parce qu’on sent qu’on parle à des gens qui ne sont pas forcément à Paris, qui peuvent être très jeunes, qui découvrent… J’ai commencé à lire la revue à 15 ans… C’est toujours émouvant les gens qui pour la première fois lisent les Cahiers. Quand on commence à lire la revue, on entre dans un monde, il y a une telle histoire (il tourne les pages de l’exemplaire du mois de mars posé sur la table devant lui) : Rivette ! Anna Karina ! Bulle Ogier !… C’est un trésor, cette histoire dans laquelle on plonge.

 

Combien de films vous voyez par semaine ?

SD – Hier soir, j’ai regardé Le Rebelle, de Gérard Blain. Nicolas [Azalbert, rédacteur aux Cahiers NDLR], m’a prêté le DVD il y a un an. Je l’ai retrouvé, j’étais content ! Je vois un à deux films par jour. Si j’ai pas mon film dans la journée…

JL – Trois, quatre par semaine.

SD – Ah, il te faut pas ton film le soir ? (rires)

JL – M’installer devant un film c’est tout un truc.

SD – Joachim a des enfants (sourire entendu).

JL – J’aime m’installer vraiment en salle. A une période, j’en ai eu un peu marre des projos de presse. Il y a un mois ou deux j’ai vu Le Petit Garçon d’Oshima

SD – Peut-être son meilleur film.

JL – Ça m’a redonné la foi !

 

On a de plus en plus de mal à voir des films ailleurs qu’au cinéma. On n’imagine pas voir La Sapienza ailleurs que dans une salle par exemple.

JL – Hier soir, j’ai vu Poussière Dans le Vent pour l’ouverture de la rétrospective Hou Hsiao Hsien à la Cinémathèque. C’était dans la grande salle, Jean-François Rauger à la présentation, du coup c’est très très beau. C’est un film attachant, qui pose les bases du cinéma de Hou Hsiao Hsien mais ça n’est pas son chef d’œuvre, c’est un petit film. Sa mise en valeur dans une salle compte.

Entretien réalisé à Paris le 3 mars 2016

Lire ou relire la partie #1, la partie #2 et la partie #3 de l’entretien.

Entretien 4/4 – Une revue de jeune gens   Yap – Dans un de tes textes Stéphane, tu disais qu’on maintenait certains réalisateurs en minorité. A l’inverse, vous avez l’ambition d’intégrer des gens qui ont la vingtaine. Comment faites-vous pour faire cohabiter les générations ? Stéphane Delorme – C’est dans les gènes des Cahiers, qui ont toujours…

cinema
http://www.yap-magazine.com/category/cinema/article/entretien-cahiers-du-cinema-4